Santé et Sécurité

De récentes études de cas menées dans plusieurs pays européens montrent que la question de la santé et de la sécurité liée à l’utilisation de tableaux blancs interactifs semble ne pas avoir été considérée dans tous les établissements scolaires ayant choisi d’adopter cette nouvelle technologie. Pourtant, de tels équipements peuvent présenter des risques pour leurs usagers s’ils ne sont pas correctement installés et manipulés.

Dans la majorité des cas, les tableaux blancs interactifs fonctionnent en affichant l’image émise par un vidéoprojecteur distant placé vis-à-vis de leur écran. Dans ces conditions, certaines précautions doivent impérativement être observées afin d’assurer à l’enseignant et à ses élèves un confort optimal d’utilisation et d'éviter toute atteinte à leur intégrité. Le vidéoprojecteur peut en effet présenter quatre dangers principaux: un risque de brûlure, un risque de choc électrique, un risque d’éblouissement et un risque de nuisance sonore lors d’utilisations prolongées. Si les deux premiers peuvent être évités en confiant l’installation du matériel à du personnel compétent et en respectant les règles usuelles de sécurité, le problème lié au bruit et à la lumière requière une attention particulière.

Le problème du bruit

Les ventilateurs des vidéoprojecteurs émettent un bruit qui peut représenter une gêne pour la classe. Comme le révèle une étude de cas récemment menée en Suisse, la présence de ce fond sonore continu constitue une source de fatigue et de déconcentration pour certains élèves. Le choix du vidéoprojecteur devra donc tenir compte de cet aspect, même si le niveau sonore produit par ces appareils se situe bien en deçà des valeurs limites présentant un risque pour l’ouïe (CFST, 2008). Dans une salle de classe, en fonction de la taille et de la configuration des locaux, le niveau de pression acoustique ne devrait ainsi pas dépasser 30 à 40 dB(A) selon les recommandations adoptées par la Société Suisse d’Acoustique (SSA, 2004). Actuellement un appareil est considéré comme silencieux lorsqu'il fait moins de 30 dB(A). Les ultrasons produits par certains types de tableaux blancs interactifs ne représentent en revanche aucun risque pour la santé si leur niveau ne dépasse pas le seuil maximal de 140 dB (CFST, 2008).

Une astuce pour réduire le bruit du ventilateur consiste à utiliser le vidéoprojecteur en mode économique lorsque l’appareil le permet et que la visibilité à l’écran n’en souffre pas.

Le problème de la lumière

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Le faisceau lumineux des vidéoprojecteurs est d’une intensité telle qu’il peut représenter une source d’inconfort, voire un danger potentiel pour l’œil. Interpellé sur cette question, l’organisme gouvernemental britannique Health and Safety Executive (2008) enjoint les utilisateurs de tableaux blancs interactifs à ne jamais fixer du regard la lampe du projecteur afin d’éviter tout risque de lésion oculaire. Parmi les lignes directrices formulées, il est en outre recommandé à l’opérateur de tourner le dos au vidéoprojecteur le plus souvent possible et de s’écarter du faisceau lumineux s’il doit faire face à son auditoire plus de quelques secondes. Quant aux personnes assistant à la projection, elles peuvent également être incommodées par la réflexion de la lampe sur la surface de projection. Le reflet ainsi formé sur l’écran (phénomène du «point chaud»), en conséquence de sa forte luminance, pourrait entrainer une fatigue de l’œil et une diminution de la concentration (CFST, 2008). L’emploi de revêtements mats et antireflets permet d’atténuer cet effet, tout comme l’utilisation de vidéoprojecteurs à focale ultra-courte. Pouvant être placés à une distance relativement proche de l’écran, ces derniers types de projecteurs limitent également le risque d’éblouissement pour la personne manipulant le tableau blanc interactif.

Par ailleurs, pour garantir une image suffisamment visible à l’écran, même dans des environnements clairs, les vidéoprojecteurs doivent émettre une puissance lumineuse importante. Au Royaume-Uni, l’Union Nationale des Enseignants (2006) estime cependant qu’une puissance de 1500 ANSI lumens ne devrait pas être dépassée, au risque d’accroitre le risque d’éblouissement. Elle recommande en revanche l’installation de stores dans les locaux les plus clairs pour en réduire artificiellement la luminosité. Toutefois, il est à noter que cette dernière option pourrait diminuer le confort de travail des élèves, en particulier lors de projections fréquentes et prolongées. Elle devrait par conséquent être évaluée au regard des prescriptions en vigueur dans chaque canton concernant l’éclairage des locaux scolaires (voir aussi les directives de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail à propos du milieu du travail (CFST, 2008), les normes de la Société suisse des ingénieurs et des architectes et les recommandations de l’Association Suisse pour l’éclairage.

Le problème de la hauteur de l’écran

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Dans le cadre de l’évaluation d’un projet d’équipement à grande échelle dans les écoles primaires en Angleterre, des chercheurs ont constaté que les tableaux blancs interactifs avaient été installés trop haut dans la plupart des classes de petits degrés (Somekh et al., 2007). Sensible à cette problématique, l’agence gouvernementale britannique Becta (2006) suggère l’installation de petits escabeaux ou de plateformes surélevées pour permettre aux élèves de facilement accéder au tableau, tout en assurant une hauteur adaptée à la taille de l’enseignant. L’Union Nationale des Enseignants (2006) soutient cette proposition, évoquant par ailleurs d’autres alternatives telles que l’utilisation de baguettes ou encore de tablettes numériques permettant de piloter le tableau blanc interactif à distance. Plus récemment, de nouveaux vidéoprojecteurs munis d’une focale ultra-courte (objectif grand angle) sont apparus. Ces derniers pouvant être sensiblement rapprochés de l’écran, il est désormais possible de les fixer sur un bras solidaire du tableau blanc interactif. Dès lors, l’ensemble du dispositif peut être facilement réglé en hauteur sans qu’il ne soit nécessaire de réorienter le projecteur ni recalibrer le tableau.

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